
De soie, de lin paré je suis
Immaculé, sans fard, sans suie
Je le devance, l’idéalise
Cet avenir sans égérie.


Toutes les tragédies que l’on peut imaginer reviennent à une seule et unique tragédie : l’écoulement du temps.
[Simone Weil]
Qui est plus utile, le soleil ou la lune ? La lune, bien entendu, elle brille quand il fait noir, alors que le soleil brille uniquement quand il fait clair.
[Georg Christoph Lichtenberg]
On naît, on vit, on meurt. On ne peut revenir en arrière. Pas de seconde chance pour bien faire ce qu’on a raté la première fois. Pas dans cette vie en tout cas.
[Amiral Helena Cain (Battlestar Galactica)]
Je ne sais pas pour vous mais j’adore les jours de pluie. Quand une pluie bien drue s’échappe des nuées en filaments argentés de telle sorte que le monde aux alentours s’en vienne peu à peu à se diluer entre ciel et terre, entre songe et réalité, je peux enfin me permettre de croire que tout ne va pas si mal en ce monde, blotti sous ma couette, un livre à la main, le ronronnement d’un chat à proximité. Je me sens alors hors de portée, au-dessus de toute contrainte matérielle, encerclé avec une joie jubilatoire par un brouillard naturel, un intangible et pourtant bien vivace voilage à la fureur toute élémentaire.
La pluie frappant les carreaux de ma chambre, par colère ou amusement, dessine de douces arabesques éclatées, paraît réaliser un rituel sacré dont elle seule semble comprendre les incidences véritables. Vie et mort se lient en elle ; plus que messagère elle se fait dispensatrice d’espoirs nouveaux face à la rigueur éreintante d’un astre solaire aride, sans autre devenir que sa seule extinction.
La pluie, elle, naît, croît, se meurt… trépasse pour revivre.